10.04.2007
Voter ou se résigner ?
Dans 12 jours, on devra répondre à la question « Quel est selon moi le meilleur président, la meilleure présidente pour la France pour les cinq prochaines années ? ».
Beaucoup d’entre nous sont indécis, j’en suis un de ceux-là, un de ces indécis qui ne votera peut-être pas. Ces indécis sont une majorité.
Je fais ce blog pour exprimer mes convictions, je demande à être convaincu et à me décider. Je demande à échanger, à construire une opinion politique ensemble, à travers ce blog…faute de pouvoir dialoguer en direct, je travaille 7 jours sur 7, j’ai décidé de blogger comme tant d’autres…
Moi qui suis d’une ville de la banlieue nord de Paris, je ne suis pas encore décidé. A la sortie de mon métro, quand je sors du travail, aucun militant ne cherche pas à discuter, il n’y a que les témoins de Jéhovah qui se pavanent avec leur revue…
Ni communistes, ni socialistes, ni militants de droite (UMP, UDF…) ne cherchent à entrer en discussion…Ils ne sont pas même là.
Bien sûr, dans sa stratégie le PS affiche, affiche, et s’affiche…peu d’affiches communistes. La droite est invisible, sauf les bons mots lepenistes qui circulent…
Que vous dire du fond de mes convictions ?
- La future élection présidentielle est décisive, il y a de la rupture dans l’air. Oui, de la « rupture », on nous en vend à chaque discours, mais dans le fond de la politique, dans l’aspiration des jeunes et des moins jeunes se dessinent une transformation de ce que nous avons connu. Un changement de société est nécessaire…Mais c’est aux citoyens qu’appartient de changer les choses.
- Nous sommes face à un tournant de la société actuelle : en 1981, un choix de rupture se faisait (déçu en 1983), en 1988, François Mitterrand demande à être renouvelé sur un programme sans grands chantiers, en 1995 Jacques Chirac est élu par la fracture sociale, mais son programme sera détourné très rapidement, en 2002, la peur fait réélire Jacques Chirac…En 2007, enfin, la France connaissant de grandes transformations et inégalités, le peuple français doit changer…
- Le premier tour n’aura jamais été aussi incertain. Même si on diabolise Le Pen ou on transforme Nicolas Sarkozy en ennemi, le risque est grand qu’ils passent. L’augmentation massive des inscrits, l’inconnue de cette nouvelle vague d’inscription (voteront-ils Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, Le Pen ???), les électeurs Le Pen du premier tour, l’absence de véritable lutte contre les thèses du FN de la part de la gauche et du centre, l’éclatement à gauche, la montée des inégalités et discriminations…autant de facteurs d’incertitude. Pour beaucoup, tout se jouera au premier tour
- Les électeurs, et les citoyens que nous sommes tous, nous avons le destin de la « nation » entre nos mains. La nation, pour moi, n’est pas la nation des gaulois (vu par les fascistes ou par les extrémistes des « Indigènes de la République »), ce n’est pas l’adhésion nostalgique au terroir et aux souvenirs de Renan, ce n’est pas la grandeur illusoire de la puissance française, c’est le fait de partager un vivre-ensemble quotidien parfois intensément joyeux, parfois dramatique…
- Les politiques ne sont pas de la merde, ils sont nos représentants, même s’ils ont été de moins en moins pédagogues. Après la claque de 2005, auront-ils appris les leçons de l’échec de l’élitisme ?
- Aujourd’hui, 42% d’entre nous sommes indécis sur notre vote…c’est un échec cuisant pour la médiatisation et la démocratie « participative », un échec pour les stratégies des partis, un échec pour les collectifs antilibéraux…Et pourtant chacun continue sa campagne de son côté, les uns en train de faire de Nicolas Sarkozy l’antéchrist par excellence, les autres à critiquer l’absence de compétences de Ségolène Royal…Où nous en sommes nous les électeurs, nous les citoyens ?
- De fait, mon vote ne sera pas d’adhésion, d’identification à une personnalité, encore moins de choix d’un programme (la question n’est pas le chiffrage mais bien celui de l’accomplissement des « promesses » de tel ou tel programme).
- Je fais partie de ce peuple de gauche, encore indécis, profondément indécis qui ne refera pas l’erreur de 2002 (voter Chirac) ni l’erreur de 2005 (voter non)…Mon choix, comme tant d’autres, n’est pas définitif, je demande à voir. Mon choix oscille entre José Bové, Marie-Georges Buffet, Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, Olivier Besancenot, François Bayrou. Je ne voterai jamais Le Pen. Je ne voterai jamais Dominique Voynet, la ruralité n’est pas dans ma culture, la commune pour moi est un combat d’arrière-garde.
Pour qui voter ? Je ne veux me résigner au vote blanc. Je ne veux me résigner à ne pas voter. Mais alors pour qui voter ? Pour quel programme ?
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